Fuite massive de données : plans de prisons et d’une base militaire française exposés sur le dark web
Une cyberattaque a permis à des pirates d’accéder aux plans techniques de plusieurs prisons françaises, d’une base militaire et d’infrastructures critiques d’entreprises, révélant une faille majeure dans la sécurité des données sensibles.
L’incident, survenu fin 2025, a touché DCE Conseil, une société spécialisée en ingénierie du bâtiment et en installations techniques. Les cybercriminels ont exploité les identifiants d’un ingénieur commercial pour s’introduire dans le système cloud de l’entreprise et exfiltrer 844 Go de données, parmi lesquelles figurent des plans détaillés de prisons, d’une base militaire et de grandes entreprises.
Parmi les infrastructures compromises, on compte :
- La base-école Général Lejay de l’ALAT (Aviation légère de l’armée de Terre) au Cannet-des-Maures (Var),
- Des établissements pénitentiaires,
- Des audits techniques confidentiels de la gendarmerie nationale,
- Des données sensibles d’entreprises comme Hermès, Lidl, Sodexo, Dalkia et Veolia.
Ces informations, stratégiques pour la sécurité des bâtiments, pourraient être exploitées pour des attaques physiques ou des sabotages. Les experts en cybersécurité, interrogés par Le Point, confirment l’authenticité des données, déjà mises en vente sur BreachForums, une plateforme du dark web spécialisée dans la revente de fuites.
Une menace récurrente pour la France
Cette nouvelle fuite s’inscrit dans une série de cyberattaques massives touchant le pays ces dernières années. En 2025, des ministères, des services publics et des entreprises ont été ciblés, avec des conséquences parfois graves, comme le vol de 160 000 documents administratifs ou la compromission de données bancaires dans une fuite récente.
La gendarmerie nationale a ouvert une enquête, tandis que DCE Conseil assure que l’incident a été traité et clos, sans préciser davantage par respect pour ses clients. Pourtant, la réapparition des données sur le dark web en janvier 2026 souligne la persistance du risque.
Avec des infrastructures critiques exposées, cette affaire interroge sur la résilience des systèmes de protection en France, alors que les cybermenaces ne cessent de croître.
